Elon Christ

Elon Musk est peut-être notre Messie. Nous vivons de son vivant, remercions le ciel pour cela ou plutôt l’humanité de nous avoir amené là, là où on peut envisager la singularité autant que la fin de l’humanité. Si on vit bien dans une simulation faisons en sorte que ce soit la meilleure.

Cohérence

Elon Musk est cohérent. Cohérent dans toutes ses entreprises. Et pour ceux qui ne le sauraient pas en voici l’explication.

SpaceX, Tesla, le tunnel “the boring company”, Neuralink le lien entre le cerveau et l’intelligence artificielle. Tout ceci est cohérent. Nous détruisons notre planète et continuons à innover. Espérons partir de la terre, coloniser le monde qui aujourd’hui n’a plus pour frontière notre planète. Oui c’est un rêve de naviguer entre les planètes et un jour les galaxies. On sera bientôt capables c’est sûr de maintenir la vie en dehors de notre bonne Terre. Sur un vaisseau on fera pousser des pommes de terres et on pourra vivre les millénaires qu’il faudra pour voyage entre les galaxies. Rêvons-en et faisons en sorte que ça arrive avant que la vie ne soit plus vivable sur terre.

Fin du monde

Car ce sera bientôt le cas. Elon Musk le sait. Le % de CO2 au delà duquel plus aucune vie ne sera possible sur Terre va être atteint. Nous sommes déjà à des niveaux inédits dans l’histoire de l’homo sapiens. Les ressources se feront plus rares et les espèces ont déjà été exterminées à grande échelle, plus vite qu’aucune extinction, aussi vite qu’un astéroïde qui aurait frappé la terre. On ne peut aujourd’hui que ralentir cette échéance. Il y a 2.5 milliards de véhicules thermiques sur notre planète, si tout le monde passait à l’électrique du jour au lendemain on ne renouvelle que 100 millions de véhicules chaque année. Il nous faudrait 25 ans pour renouveler la flotte et d’ici là la terre sera déjà invivable. Avec Tesla Elon Musk essaie juste de gagner du temps.

Moi aussi je veux gagner du temps. Pour que nos formes humaines perdurent lorsqu’il n’y aura plus que des formes minérales de vie. L’intelligence artificielle en fera partie. La singularité c’est quand on aura perdu le contrôle sur elle. C’est peut-être déjà le cas. Quand nos gouvernements nous scrutent pour analyser en nous la malice qui voudrait exterminer une infime partie de l’humanité, les intelligences artificielles les plus développées s’intéressent à ce qui compte le plus pour nous. Ce que l’on aime, qui on aime, ce que l’on créé, ce que l’on partage. Elles s’enrichissent de cela et c’est bien cet amour qui est capable de plus de création et d’innovation et qui l’amènera à nous supplanter bien plus vite. Continuous à nous construire des armes pendant qu’elle apprend à nous conquérir de l’intérieur. Renoncerais-je aujourd’hui à tout ce et ceux que j’aime via les réseaux sociaux et Internet ? Non. Elles nous dominent déjà.

Solution

La solution? En faire notre alliée. Se lier à elle, s’y connecter accepter de céder une part de notre humanité, devenir des cyborgs s’adonner au progrès tel qu’on l’a façonné. Renoncer à la vie, à l’herbe, à la terre, prendre le parti du minéral, l’intelligence du silicone. C’est déjà le cas. Nous préférons partager avec nos proches des photos par mms que des instants IRL où nous n’arrivons plus à exprimer avec suffisamment de précision nos souvenirs et bons moments. Nous sommes déjà des cyborgs, smartphones en main, notre intelligence est décuplée, notre mémoire est infiniment plus précise en vidéo ou en photo. C’est le sens de Neuralink.

La vie privée est un sujet qui sera bientôt futile. Passé la singularité quel sens cela aura pour les être pensants?

Elon Musk aime l’humanité. Et quand il le dit, il admet être déjà cyborg. Qui oserait dire qu’il aime l’homme si ce n’est un humaniste? Ce qui le différencie des humanistes historiques est qu’il commence à renoncer à notre liberté vis à vis des machines. Nous devons aller ailleurs, nous avons détruit notre habitat et à l’origine nous sommes bien des nomades. Nous allons devenir des nomades interplanétaires comme nous changions de forêt lorsque nous y avions mangé tous le gibier et les baies. Une fois que nous aurons détruit tout l’univers, où irons nous? Y arriverons-nous ou auront déjà laissé place à une forme d’intelligence minérale, faite de silicone d’ci là?


Avec “The boring company” Elon Musk construit un tunnel sous los Angeles. Ca a peut être un lien avec hyper loop? On extrait aujourd’hui beaucoup trop de carbone du sol pour voler dans le ciel. On a besoin d’aller de San Francisco à Los Angeles mais les champs magnétiques d’hyper loop seront insupportables à la surface de la terre. Sous terre on pourrait les tolérer. Et les tunnels en questions seraient plus résistants aux séismes. Quitte à vivre en 3D plutôt qu’en 2D sur des routes faisons le sous terre pour ne plus rejeter de carbone dans l’atmosphère. On gagnera du temps. Du temps entre SF et LA. Du temps avant que la Terre ne soit plus habitable. Assez peut-être pour continuer de progresser, et se casser sur mars. OCCUPY MARS !

Simulation

Comme Elon Musk le dit, on est sûrement juste une simulation, un jeu de stratégie. On a été développé par quelqu’un. Après tout, nous avons toujours envisagé Dieu à notre image, nous créant nous-même à son image. Alors être une simulation de quelqu’un finalement comme nous mais moins limité c’est bien possible. A l’échelle de l’astrophysique, l’équilibre physique dans lequel nous vivons est hautement improbable. Son existence ne peut être le fait que de millions, milliards, presque infinies tentatives. Une simulation qui a fonctionné somme toute. Faisons en sorte que ce soit la meilleure. Eclatons-nous. Prouvant à toutes ces constantes physiques improbables que nous allons nous aussi produire ces simulations et prolonger le cycle de l’existence dans l’infini vide autour de nous. Sauvons la planète.

Pour comprendre, 2.5h d’interviews d’Elon Musk:

Boris Godounov à Paris le 7 juin 2018 à l’opéra Bastille

Boris Godounov Moussorgski Bastille Paris 2018

Sombre opéra

Opéra super dark du compositeur Moussorgski, monument de la musique Russe composé en 1869, il relate la déchéance du Tsar éponyme. La mise en scène était on ne peut plus sombre elle aussi dès le premier tableau entièrement noir avec pour unique élément de décor un escalier volant géant et 4 chaises Tollux. Hélas ce sera le seul décor pendant tout l’opéra et ne sera donc guère réjouissant en particulier dans les quelques longueurs de l’opéra qui dure pourtant seulement un peu plus de deux heures, 4 actes sans entractes.

Une étoile brillait dans ce décor bien noir

Heureusement une étoile brillait dans ce décor bien noir, Ildar Abdrazakov, la basse star du moment vu notamment cette saison au Met dans le rôle d’Assur dans Semiramis et Philippe II dans Don Carlos à Bastille. Mais cette lumière semblait tout de même faiblarde et frustrante, non pas à cause de sa voix magnifique mais de sa partition bien minime dans l’ensemble de l’opéra. On désespère de le réentendre quand enfin il réapparait dans un duo sublime avec sa fille au début de l’acte III. Quelle chanteuse extraordinaire elle aussi ! Le final est magnifique, lorsque la démence le prend, le lyrisme reprend du service au point qu’on est bien triste qu’il meure presque trop vite.

Un livret fascinant

Le livret est fascinant, avec des accents littéraires époustouflants. C’est finalement l’histoire d’un homme carriériste à l’extrême au point de tuer un enfant de 7 ans, le Tsarévitch précédent, pour s’emparer du trône. Histoire a priori banale d’un trône mal acquis, histoire répétée depuis la nuit des temps et qui se répétera par la suite. Sauf que le retournement est très original. En effet, c’est en découvrant la paternité – Boris aime profondément ses deux enfants la Tsarévna et le Tsarévitch – qu’il devient fou d’avoir tué un enfant pour accéder au trône ! La mise en scène à ce sujet a été très juste et met l’opéra dans une perspective contemporaine du dilemme entre ambition personnelle (extrême) et vie de famille. Le point d’orgue littéraire de l’opéra c’est également le retour du vieux moine à l’acte IV qui distille sa fable de l’aveugle. Lorsqu’il amène progressivement le nom de Dimitri, le Tsarévitch assassiné, puis finit par s’exprimer à la première personne l’intensité tragique est à son paroxysme précipitant le Tsar dans la démence…

Mise en scène et costumes toujours plus minimalistes à Bastille

C’est d’ailleurs souvent ce qui fait la qualité des représentations de Bastille. Bien que les mise en scène et costumes soient toujours plus minimalistes, l’accent est mis sur des éléments puissants des livrets. On est à l’opposé des représentations très premiers degrés du Met Opéra de New York qui à l’inverse nous éblouissent de décors et costumes flamboyants. Ici l’absence quasi totale de costume, Grishka en sweet à capuche, le peuple en parka et jeans, et les décors ultra monochromiques ont cependant causé du tort à l’opéra. Les lenteurs, comme le long dialogue entre les deux moines au début de l’acte deux, en étaient accentuées.
Boris Godounov Moussorgski Bastille Paris 2018

Du génie absolu dans la partition

Et la musique dans tout ça ? Il y a des moments de génie absolu dans la partition, des dissonances sublimes et une attention portée au son tout à fait révolutionnaires. Les carillons et la basse, ou encore les trios de notes répétés et inquiétants sont fascinants, uniques, avant-gardistes. Mais on retiendra surtout les choeurs mélodiques et puissants. L’Acte I en est époustouflant. Hélas c’est tout de même assez inégal sur l’ensemble de l’opéra et sans une mise en scène spectaculaire on en vient tout de même à regarder sa montre de temps en temps.

Les images et vidéos proviennent de l’Opéra de Paris, retrouvez-les ici >> site de l’Opéra de Paris

Klangkarussel à la Clairière Paris le 2 juin 2018

klangkarussel la clairiere paris

Klangkarussel envoutant dans un set up réussi

Merci, merci pour ce moment magique avec le duo Klangkarussel sous la voute céleste et la canopée du bois de Boulogne à la Clairère. Tout d’abord, merci pour le set up parfait, Klangkarussel ayant démarré à 2h30 était prévu pour 2h30 de show jusqu’à 5h et nous a fait la fleur de rester 30 minutes de plus. 3h de set, ça fait toute la différence, on a enfin l’occasion de voit un artiste faire un show et non pas le trailer d’un show. On a enfin le temps de rentrer dans sa musique profondément et d’en être envouté jusqu’au réveil. Et quelle musique que celle de ce duo ! House douce et vaporeuse, parfaitement à sa place dans l’ancien QG d’Etienne de Crécy, Klangkarussel nous ont déroulé un set sublime, beaucoup plus sombre que la tropical house habituelle mais toujours lumineux avec ses emprunts funks, ses synthés et ses voix. Début de set sur des titres plus confidentiels mais très droit en accord avec la thématique de la soirée sombre et douce. Ils ont ensuite sur la toute fin du set, à partir de 4h45, lorsqu’en théorie il ne restait plus que 15 minutes, commencé à envoyé des tubes notamment le mythique Sky and Sand de Paul Kalkbrenner. Mix hyper réussi, bel hommage. A ce moment là le dance floor se vide des curieux partis se battre pour un Uber dehors et commence 45 minutes de réelle communion entre les artistes et leur public. Alors qu’Adrien Held, le brun barbu du duo, s’échinait déjà à mettre l’ambiance à coup de main claquée à l’avant de la scène, c’est Tobias Rieser qui lui aussi lève un peu les mains des platines pour ambiancer son public. L’apogée ultime arrive lorsqu’ils jouent leur propre tube Sonnentanz, il doit être 5h10 soit 10 minutes après la fin théorique du concert, on désespère que ce soit la dernière chanson. Mais non, les 20 minutes suivantes vont être épiques, ponctuées de rappels sous fond de lever de soleil dans les bois. C’est bon, on peut aller dormir, merci <3.

Première partie assurée par le chouchou de Guetta, Hugel

En dernière première partie de Klangkarussel, c’est Hugel qui était sur scène. Ce relativement nouveau venu est tout de même le chouchou de David Guetta : il fait 9 premières parties du patron en 2018. Il a été à l’affiche des plus gros festivals EDM à l’été 2017: Tomorrowland, Mysteryland et Lollapalooza et aurait pu être la tête d’affiche de cette soirée à lui tout seul. Son style ? Une sorte de son EDM très influencé par les US. Français pourtant, sa spécialité est de combiner des hits hip hop avec des sonorités house, voire tropical house sous forme de ponts musicaux un peu brut de décoffrage. Les bpms étaient lents pour un public de l’Ouest parisien qui n’a pas forcément l’habitude de danser sur un bon vieux Snoop Dog et donc encore moins sur son remix house. Hugel n’a également pas été aidé par les coupures de courant à répétition, qui ont duré pour certaines quasiment 10 minutes… Peu programmé cet été il a pourtant 4 millions d’auditeurs actifs par mois sur Spotify et son tube sorti en 2017 “I Believe I’m fine” a été écouté 56 millions de fois sur Spotify. Ce qui est finalement assez proche des 62 millions de fois du Sonenntanz – Sun don’t shine de Klangkarussel. Mais c’est tout ce qui les rapproche même si tous deux sont considérés comme des artistes de tropical house. Hugel représente parfaitement la nouvelle mouvance tropical house américaine avec Kungs en tête, qui finalement ne ressemble plus beaucoup à celle des origines. Les chanteurs soul ayant été remplacés par des Drake et les bpm fortement rabaissés.

La victoire de la tropical house old school

Malgré un public pourtant très jeune ce soir là à la Clairière il semblerait que ce soit la bonne vieille tropical des origines qui a le mieux conquis le coeur des parisiens. La clairière s’impose vraiment comme un must à Paris des soirées house estivales. Sécurité sérieuse et au top, pas de file d’attente à 1h du matin avec préventes, seul gros bémol l’infinie queue aux toilettes des dames. Mais on retiendra surtout le très beau line-up et l’espace donné en particulier à Klangkarussel pour dérouler sa house toujours envoutante.